L'histoire de Sainte-Agathe

Les premiers habitants de la Rivière-Rouge sont les Métis, descendants des anciens voyageurs des compagnies du Nord-Ouest et de la Baie d'Hudson.

Le nom indien miskwagama sipi signifie rivière-eau-rouge. La Vérendrye utilise le nom dans une lettre à Beauharnois le 7 juin 1735: "J'ai étably un fort au lac Ouynipigon à cinq lieues en remontant dans la rivière rouge". Dans son journal de 1738-1739 il réfère à "Assiliboilles de la rivière rouge".

En 1868, on compte 75 hommes, 62 femmes 68 enfants qui habitent la région de Pointe-à-Grouette à la Rivière-Rouge. Ils possèdent un cheptel de 172 bêtes mais la récolte est désastreuse. En 1867, on récolte 1674 boisseaux de blé et 1025 boisseaux de pommes de terre, tandis qu'en 1868, on n'en récolte que 10 et 60 boisseaux respectivement.

Entre 1863 et 1872, le curé, Noël Ritchot, de Saint-Norbert, MB dessert ces familles installées soit à la Pointe-à-Grouette (Sainte-Agathe 1876) soit à Pointe-Coupé (Saint-Adolphe 1896).

Originaire de Sainte- Agathe des Monts, QC, l'abbé Ritchot donne le nom de Sainte-Agathe à sa mission. Par la suite, l'abbé J. B. puis l'abbé David Fillion visitent par bateau les familles installées le long de la Rouge, la Rivière aux Gratias (Morris) et la Rivière aux Prunes (Saint- Jean-Baptiste) jusqu'à la mission de West-Lynn à l'ouest du pont d'Emerson ainsi que la mission à la Rivière aux Rats (Saint-Pierre Jolys), soit une superficie de 400 milles carrés.

Les terres de la province du Manitoba sont arpentées entre 1869 et 1873. Dès 1871, on reconnaît le territoire de Sainte-Agathe (position géographique 49'34' latitude - 97'l0' longitude, à mi-chemin entre l'Atlantique et le Pacifique). Les lots de rivière s'étendant de Saint-Norbert à la frontière portent toujours le titre "Parish of Sainte-Agathe".

Le transport des immigrants, des matériaux et du courrier est assuré par des barges et au moins 4 bateaux à vapeur, dont le Cheyenne qui échoue en 1887 sur les rapides au sud du village. Le premier traversier, datant de 1871, accoste en face de l'église.

La grande maison Grouette et ses dépendances construites vers 1870 en billots équarris à la hache deviennent la première école pour la période de 1872 à 1897.

Entre 1891-1893, sous le régime des écoles privées, Catherine Mulaire, une institutrice métisse, remporte des prix à l'exposition coloniale de Londres pour des travaux exécutés par ses élèves. Dès 1894, sous le régime des écoles publiques, le " St. Agathe School District No. 974" englobe les écoles des régions de Saint-Pierre Jolys, Aubigny et Saint-Adolphe.

C'est le 11 avril 1876 que monsieur l'évêque Alexandre Taché confère le statut officiel à la paroisse de Sainte-Agathe qui compte 120 familles comprenant Aubigny et Silver Plains. Parmi les 120 familles inscrites dans l'annuaire de la paroisse (1872-1877), nous retrouvons les Amirault, Beauchamp, Bélanger, Bourassa, Charette, Descoteaux, Ducharme, Gaudry, Gosselin, Grandbois, Grouette, Laberge, Laferté (un fils Laferté est le parrain de Marie-Ange Brémaud (Carrière), Larivière, Parent, Pilon, Rocheleau, et autres. Ces familles, pour la majorité des anciens chasseurs de bisons ou descendants de voyageurs, sont toujours à l'affût d'un différent mode de vie et ne demeurent pas dans la paroisse. La vie sédentaire de l'agriculture est le mode de vie des pionniers qui s'établirent sur les terres mises en culture à Sainte-Agathe.

Le bureau de poste de la Pointe-à-Grouette prend officiellement le nom de Sainte-Agathe le 1er juillet 1876. Avant 1885, le courrier, venant de Saint-Paul, Minnesota, est acheminé vers Sainte-Agathe soit, selon la saison, par la rivière Rouge ou par la route Pembina. Par après, le courrier est acheminé par les mêmes moyens de transport mais il vient de Winnipeg.

En 1888, le premier chemin de fer passe à un mille à l'ouest du village. Joseph Ethier et Cornelius Connelly ont été 2 des agents de la gare.

En 1892, quelque 250 familles francophones sont desservies par le bureau de poste de Sainte-Agathe

Printemps 1896 : début de la construction d'un 2e bâtiment école qui deviendra la partie centrale du couvent de Sainte-Agathe, complété en 1900, un an après l'arrivée des premières religieuses des SNJM.

Le téléphone est mis en place à Sainte-Agathe dès 1908. La compagnie Bell Telephone à partir de 1909, et le Manitoba Telephone System après 1934, opèrent un standard dans le magasin général de Félix Lemoine, la résidence de Théobald Joyal (celle de Julien Brémaud depuis 1974) et enfin dans le magasin Donat Joyal.

Le premier médecin résidant, le docteur Bonin, s'établit à Sainte-Agathe en septembre 1910. Un médecin assure la relève jusqu'en 1940, quand le docteur Richard Roy quitte Sainte-Agathe.

C'est vers l'an 1918 que la Banque d'Hochelaga (Banque nationale du Canada) installée dans un local du magasin Louis Toupin offre ses services à la population.

La caisse populaire de Sainte-Agathe est fondée le 8 février 1943.

La Caisse populaire de Sainte-Agathe est fusionnée depuis 1986 avec la Caisse populaire d'Aubigny et rebaptisée la Caisse populaire de Sainte-Agathe Aubigny. La caisse célébra ses 50 années d'existence en 1993.

L'abbé Clovis Paillé devient curé de 1941 à 1956. En 1945 il s'occupe de faire remplacer les bancs de l'église, en 1952 de faire installer un orgue Casavant au coût de 7 640 $ (il en reste 3 au Manitoba) et en 1953 de faire peindre le sanctuaire. Dans la tradition des curés de paroisse, il visite régulièrement les classes et y enseigne le catéchisme. Il est élevé au rang de prélat domestique en 1951. Monsignor Paillé décède le 3 mars 1960 à l'âge de 77 ans.

Durant cette période, on construit une nouvelle annexe de 4 classes et salles de récréation. L'ouverture officielle a lieu le 17 octobre 1948. Le Couvent de Sainte-Agathe est à son apogée avec un personnel de 12 religieuses et 176 élèves dont 36 pensionnaires. Les cours sont dispensés de la première à la douzième année. La qualité du français est à souligner. La formation dispensée par les religieuses des SNJM et l'amour désintéressé des parents envers leurs enfants ont favorisé l'épanouissement des élèves faisant que la paroisse peut être fière des 11 prêtres, 41 religieuses, 4 religieux (1892-1966) et d'un nombre impressionnant de laïques qui font carrière dans les professions libérales ou sont dans les affaires. Parmi les générations qui ont étudié à Sainte-Agathe, notons 4 générations de Brémaud, soit : Marcel, Julien, Arthur et Brett.

L'abbé Adélard Couture (1956-1970) a réalisé un rêve qui lui est cher après le mouvement coopératif, celui d'être curé à Sainte-Agathe après y avoir été vicaire durant sa jeunesse. Il s'occupa de moderniser le sanctuaire et fait agrandir le cimetière.

À la suite du processus d'un regroupement des écoles en 1959, on débute la construction de l'Institut collégial de Sainte-Agathe en septembre 1960. Les travaux se terminent en février 1961 et les élèves de la neuvième année à la douzième année occupent les nouveaux locaux. L'ouverture officielle a lieu le 24 septembre 1961. En 1968, une nouvelle réorganisation scolaire oblige 79 élèves à recevoir leur éducation secondaire à l'extérieur. Donc l'école offre des cours de la maternelle à la 9e année. L'année 1974 marque le soixante quinzième anniversaire de l'arrivée des religieuses des SNJM à Sainte-Agathe et c'est l'année de la fermeture du couvent. La propriété est vendue au gouvernement provincial qui construit le Chalet Sainte-Agathe, inauguré le 18 septembre 1975.

Durant une période de 89 ans (1871-1960), on a traversé la Rouge en été sur un bac et en hiver sur une piste tracée sur la glace. On dénombre 7 bacs : le premier opéré par M. Grandbois (1871); les autres bacs remplacent le précédent au besoin : 1882, construction d'Onésime Bourassa (290 $), 1915, Louis Toupin est l'artisan (645 $), 1931, construit avec un moteur à gazoline, 1947, l'ancien bac de Saint-Jean-Baptiste et enfin 1951, un bac construit en acier (19 000 $) maintenant exposé dans le pan: à Saint-Adolphe, MB. D'après Joseph Saint-Onge, les dimensions des bacs augmentaient à chaque nouvelle construction pour accommoder la machinerie agricole et la circulation grandissante. Parmi les opérateurs de bacs, notons 4 générations d'olivier : Narcisse, Euclide, Euclide fils et Richard, Eugène Lapalisse (frère de Blanche et d'Angéline), Fernand Blampain, Joseph Saint-Onge père ; et fils, Josaphat Dorge et autres. Ce mode de transport fait place à un pont dont la construction débute en 1959 et l'inauguration a lieu le 7 novembre 1960. Ce même jour, le bac exécute une dernière traversée, transportant les dignitaires et les 2 derniers opérateurs, Emmanuel Nolette et Léon Dorge. Ceux-ci ont l'honneur de couper le ruban marquant l'ouverture officielle du pont. L'abbé Adélard Couture procède g la bénédiction. Le pont est officiellement nommé·pont Louis Riel Bridge lors d'une cérémonie le 13 octobre 1988.

Le 29 septembre 1962,·l'élévateur à grain du Manitoba Pool et la gare du CNR sont victimes d'un incendie. Un nouvel·élévateur est construit immédiatement. Il revient à William Parker de présider à l'ouverture officielle et à I'abbé Adélard Couture de bénir la nouvelle structure.

Le presbytère en briques est démoli en 1962-1963 et est remplacé par une grande bâtisse moderne en 1963.

L'abbé Paul Deschênes est curé de 1970 à 1973, suivi de l'abbé David Roy, de 74 à 76.

1976 : l'année centenaire de la paroisse de Sainte-Agathe est marquée par diverses activités : messe concélébrée par les prêtres natifs de la paroisse, banquet, boîte à chansons, messe accompagnée de chant grégorien, souper des pionniers, fête champêtre, feux d'artifices, soirée du bon vieux temps, Mélo-Mani, concert et soirée de la veille du Jour de l'An. L'année 1976 marque la concrétisation d'un rêve de quelques générations, soit la construction d'une patinoire intérieure.

Sur le terrain de l'église s'élève un monument construit en pierre des champs par Auguste Brémault. Une charrette de la rivière Rouge, fabriqué par Charles Martel surplombe la structure de pierres.

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